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LE CHOIX D'UN TITRE
 
Un titre peut-être amusant, poétique, loufoque, obscur, choquant, aguicheur, bref, tout, mais pas négatif. Pas plus qu’on attrape les mouches avec du vinaigre, on n’attire pas le lecteur dans une BD avec un titre repoussoir.
Le choix d’un titre n’est pas qu’un enjeu d’attraction. Il s’agit aussi de donner un sens à sa bande dessinée ou d’indiquer en quelques mots le registre dans lequel on s’inscrit. Cette double exigence fait parfois du choix du titre un vrai casse-tête.
Un titre peut relever de deux catégories. Cela peut être tout simplement un titre-réduction qui résume la bande dessinée sans malice. Mais cela peut être aussi un titre-accroche qui joue le rôle d’un appât.

Titre-réduction

Le titre-réduction ne cache pas son jeu : c’est une sorte de scénario minimal qui met l’accent sur un personnage ou un événement central.
Tintin en Amérique, Le Temple du soleil
(Tintin de Hergé)

Le dictateur et le champignon, Le repaire de la Murène
(Spirou de Franquin)

Les Pieds Nickelés chez les réducteurs de têtes, Les Pieds Nickelés journalistes
(Pellos)

Le trésor du Mahury, Captives à bord
(l'Epervier de Pellerin)

Créatures de cauchemar, La revanche de Ronald Blank
(Outsiders de Rivière et Miniac)
Un titre-accroche se décline selon plusieurs modèles, dont celui de l’énigme. Le mystère peut naître, par exemple, de l’ambiguïté sur le sens du titre. On peut aussi choisir un titre qui choque, jouant sur la provocation. Le jeu de mot est aussi une accroche classique, pour les articles de journaux (Libération ou le Canard Enchaîné s’en sont fait une spécialité) comme pour les petites BD genre strip unique.
PAPY N'A PAS LE TICKET (de Jean-Jacques)
Titre à double sens: Papy n'a pas le ticket sur lui, pas plus qu'il n'a le ticket avec Mamy.
Touche finale à l’œuvre ou aiguillon ?

Le titre vient souvent tardivement et il ne faut pas s’attacher d'emblée à arrêter le titre définitif de son œuvre. Cependant, à l’inverse, certains créateurs trouvent un titre qui leur plait dès le début, et construisent le scénario autour de celui-ci. Pourquoi pas ? Un titre peut être un ferment pour l’imagination, l’écriture du scénario consistant à développer les possibilités incluses dans le titre.
D’après « Ah ! Quel titre », Virginie Bloch-Lainé, Revue Synopsis n° 16, 2001.