DECOUPAGE ET STYLE GRAPHIQUE

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La cinétique du découpage doit être adaptée au style de la bande dessinée.  Si les variantes sont infinies, on peut distinguer trois grandes catégories: la bande dessinée humoristique (comme Astérix et Obélix d’Uderzo), Titeuf de Zep, …), la bande dessinée réaliste européenne (comme  Nestor Burma de Tardi, Largo Winch de Francq et Van Hamme,…) et le style comics américains ou mangas (Superman, Bragon Ball,…).
Voici quelques règles de découpage relatif à ces genres de bandes dessinées.

 

BD réaliste européenne
Par planche, il faut au moins un gros plan et un plan d’ensemble. C’est, du moins, ce que considèrent nombre d’auteurs. Cette disposition donnera une « respiration » à chaque page.
Limitez le nombre de case maximum à huit. Ceci permet de donner de l’ampleur à certains plans d’ensemble, en évitant toute surcharge.
En général, pour chaque séquence, la caméra « filmera » les personnages en situation, dans le lieu spécifique à la séquence, avec un plan assez large. Puis, progressivement, on zoomera vers des gros plans, via des plans américains par exemple. C’est la règle « du général au particulier ». Mais, comme toute règle, elle n’est pas absolue et il n’est pas interdit d’y transgresser de temps à autre.
On peut faire varier les points de vues (plongée/contre-plongée) mais sans excès et en faisant en sorte que cela apporte quelque chose au récit.

Planche de Largo Winch
Une planche de BD réaliste classique (dans Largo Winch, de Francq et Van Hamme). Hyper-classique, la séquence à la plage démarre par un plan d’ensemble. Après un plan de transition pour l’entrée dans la maison, on commence la séquence intérieure suivante par un nouveau plan d’ensemble. Au total, la planche est constituée de huit cases.

BD humoristique
L’ampleur des plans est moins grand (rarement de gros plans).
De ce fait, le nombre de cases par page sera plus important que le traditionnel « 8 cases » de la BD réaliste.
On présente beaucoup plus souvent les personnages en pied, leurs expressions passant par une exagération des mouvements plutôt que par un cadrage serré sur un visage.
De même que les cadrages sont moins variés, les points de vue spéciaux (plongée et contre-plongées) seront rares.

Planche d'Astérix
Une planche de BD humoristique (dans Astérix, de Goscinny et Uderzo). En 11 cases, on assiste à une séquence de théâtre comique. C’est, effectivement, un vrai petit théâtre, avec les personnages en pied pour une majorité des cases, la scène étant vue presque toujours du même point (encore comme au théâtre).

Comics américains d’action et mangas
Les styles de découpage précédemment décrits correspondent à des format de bandes dessinées classiques européennes (édition sur des pages A4). Les bandes dessinées d’Outre-Atlantique et japonaise (et les BD françaises inspirées de ces modèles des éditions Semic…) sont imprimés sur de plus petits formats. Mais leur principale originalité tient dans leur découpage assez libre, comparé aux références européennes classiques, ainsi qu’à l’exploitation maximum des « effets spéciaux ».

Planche de SpawnUne planche de BD « à l’américaine » (dans Spawn, de Liam McCormack - Sharp). Même si le format de page est plus réduit que dans les exemples précédents de BD classique, une planche peut devenir presque un tableau unique et surréaliste. Les cases ne servent plus à isoler les scènes mais sont des éléments même de l’effet psychologique ou artistique recherché.

Planche de SailormoonDouble planche de manga (dans Sailormoon, de Naoko Takeuchi). Chaque case contient beaucoup plus d’informations visuelles ou « sonores » que d’informations sous forme de textes, avec des gros plans en cartouches sur une image de fond non délimitée.

 

Les mangas et comics d’action sont faits pour être lus rapidement, le regard parcourant les cases sans s’arrêter. Le texte est rare, les cases sont multipliées et les gestes, expressions et symboles graphiques sont exacerbés, se substituant aux paroles pour expliquer l’action et les sentiments.
Les points de vue et cadrages sont très variés, avec beaucoup de plongées et contre-plongées ainsi que des zooms rapides et gros plans. L’objectif est de donner de l’intensité au récit et rapprocher le lecteur du héros par les seuls moyens visuels.
Les « gaufrier » classique de la BD européenne n’est en aucune manière un carcan dans ces BD. La forme des cases s’adaptent totalement à l’action, avec des cases tout en verticalité ou horizontalité, pouvant également prendre d’autres formes que le classique rectangle. Les chevauchement et superpositions de cases sont également habituels.
Les dessinateurs n’hésitent pas à faire sortir les personnages de la case, voir à s’affranchir de la notion de case dans beaucoup de planches.

 

Même si les genres humoristique, réaliste ou manga restent, les styles qui y sont attachés évoluent et s’interpénètrent. Rien ne vous empêche de vous inspirer de ces différentes écoles pour créer votre propre style de découpage.

Sources et copyright: Largo Winch: H, Philippe Francq et Jean Van Hamme, Ed. Dupuis (1994); Astérix: la rose et le glaive, Uderzo, Ed. Albert René (1991); Manga, la BD facile, Christopher Hart, Evergreen (2001),  Spawn, the dark ages, Lilian McCormack-Sharp, Ed. Semic (2000). Sailormoon, la planète Némésis, Naoko Takeuchi, Ed. Glénat (1996).

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